Elpidio, un loup Alpha affamé d'humanité
- kloemarin
- 14 mars 2023
- 4 min de lecture
Elpidio Acakpo a « toujours été le loup blanc dans la bande de loups gris ». A 20 ans, en août 2020, il quitte le Bénin pour la France, décidé à suivre ses rêves : le cinéma et l’entreprenariat. Seulement un an après, en juillet 2022, il crée sa propre meute : L’Aire des Loups.

« Je suis un grand extraverti, j’ai un besoin perpétuel de rencontrer des nouvelles personnes. » La solitude, Elpidio Acakpo, jeune homme souriant de 22 ans, y a été confronté à son arrivée en France, en pleine période de pandémie de Covid-19. Lui qui était inscrit en licence de cinéma, sa passion, à Montpellier, se « sentait étranger et écarté ». Il conte ses difficultés : « Au début, personne ne venait me parler, je n’étais pas intégré dans aucun groupe. » Mais Elpidio est un déterminé qui ne se laisse pas abattre. Tel un loup blanc, il s’est vite adapté à son nouvel environnement. Mais il lui manquait un groupe, une famille à laquelle s’identifier. En juillet 2022, en se baladant avec Inès, sa petite-amie, dans le rayon jeux de société d’une grande enseigne, une idée leur passe par la tête : réunir des jeunes de Montpellier en quête de rencontres et de découvertes, autour de différentes activités. « J’ai envoyé quelques messages par ci par là sur des groupes Facebook, d’étudiants à Montpellier notamment. Mais je ne m’attendais absolument pas à ce que ça fonctionne. » Et pourtant, quinze jours après, dix sept personnes, entre 18 et 35 ans, étaient réunies au parc du Peyrou, autour du jeu du Loup Garou. Un premier pas pour la meute.
Le goût de l’entreprenariat malgré la pression
« La pression, je la ressens au quotidien. Mais elle est bonne. Je m’éclate. » L’Aire des loups, c’est avant tout de l’amusement. Laser Game, soirées jeux de société, bowling, visites de différentes villes aux alentours de Montpellier, randonnées, Loup Garou en forêt pour Halloween, imitation du concept « Un dîner presque parfait », karting… Elpidio, maintenant étudiant en marketing digital, et les participants les plus actifs du groupe, ne manquent pas d’idées pour se divertir. Le but : favoriser la communication, la découverte des autres, et pour lui, ce qui est riche, c’est de « rencontrer des personnalités différentes ». Le loup Alpha a toujours aimé l’entreprenariat et l’évènementiel, il a du mal avec le fait de « travailler pour quelqu’un ». Elpidio travaille d’arrache-pied, soutenu par plusieurs membres du groupe, pour ouvrir un local d’ici peu, afin d’ancrer le groupe L’Aire des Loups à Montpellier en tant qu’association de rencontres / loisirs. Le local, il « y pense depuis un moment. On a été retardé par la paperasse, mais tout est en bonne voie ». L’objectif serait d’avoir un espace réservé aux membres, anciens comme nouveaux, pour pouvoir exercer leurs activités favorites pleinement : jeux de société, babyfoot, jeux vidéo… Elpidio veut faire plaisir à sa meute : « Si je monte un projet, ce n’est jamais pour exploiter les gens, c’est pour faire partager, rendre service ». Animé par cette envie de rencontres et de divertissement, Elpidio a tout de même la tête sur les épaules. Être le doyen de ce genre d’association implique des responsabilités, il en est conscient : « J’ai toujours un peu de stress quand j’intègre de nouvelles personnes sur le groupe, car si elles ne sont pas respectueuses, il faut prendre la décision de les bannir. C’est à moi d’assurer la sécurité de tous les membres. » Mais il n’a pas peur de l’implication : « Quand je fais quelque chose, je me lance à fond, même s’il y a des couacs. »
Suivre son chemin : entre créativité et humanité
La famille d’Elpidio ne le destinait pas à un avenir d’entrepreneur créatif. Son père le voyait dans le milieu politique, sa mère davantage dans celui de la médecine. « Après mon bac, il fallait quand même que je m’inscrive à la fac au Bénin, parce que je voulais avoir un peu d’expérience avant d’arriver en France. » Il obtient une licence d’Administration publique. « Après la licence, je me suis dit que c’était le moment pour moi de m’orienter vers mes rêves. » Son domaine à lui, c’est le milieu artistique. Lié à sa pratique du théâtre depuis petit, il aime jouer, mais ce qu’il préfère : être derrière la caméra. Il a d’ailleurs réalisé plusieurs courts-métrages. Néanmoins c’est aux côtés de sa meute, L’Aire des Loups, qu’il peut exprimer au mieux sa créativité. « On va aller loin. Le local, ça va être notre tremplin. », raconte-t-il plein d’espoir. Il se dit « fier » de voir qu’ « on a pu créer un groupe, pour réunir des gens différents, mêlant timides et extravertis ». Tous les membres du groupe le savent, ce qui anime celui qu’ils appellent leur « Elpi’ national », c’est l’humain : « Savoir que j’ai pu aider des gens qui ont été dans ma situation, c’est-à-dire seul dans une nouvelle ville, ça me fait très plaisir. »




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