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Phèdra : cuisine nomade, engagée, et l’art de s’en amuser

  • kloemarin
  • 12 févr. 2024
  • 4 min de lecture

À l’aube de ses 29 ans, Phèdra vient de se lancer dans une nouvelle aventure : la cuisine nomade, à son compte. Une quête de sens et de liberté, poussée par un moteur éternel : la joie. Elle s’envole bientôt, accompagnée de sa cuisine végétarienne, colorée et engagée, sur son archipel adoré : la Guadeloupe.


Phèdra vient tout juste de lancer son compte Instagram : « Phèdra - Cuisine Nomade », où elle partage les débuts de son aventure en tant que cheffe indépendante. Crédits : @jvlivslee


Phèdra a grandi en Guadeloupe. La transition vers un petit village de Corrèze, avec ses parents, lorsqu’elle était au collège, a été compliquée pour cette timide de nature. Après son bac, elle ressent donc le besoin d’effectuer ses études de commerce au sein d’une ville ensoleillée, dynamique et culturelle : Montpellier. A 25 ans, alors qu’elle a enchaîné un travail dans l’immobilier, dans une pizzéria et des saisons en tant que serveuse, elle est confrontée à une « recherche de sens » : elle est en quête d’une « place plus significative ». Mais surtout d’un moyen d’expression, tant dans l’engagement de ses valeurs que dans la création : « J’ai ce côté créatif, qui me manquait dans le service, malgré le fait que j’aimais ce partage et ce rapport à l’autre. » Ainsi elle s’élance dans un CAP cuisine, pendant lequel elle apprend la technique dans un restaurant gastronomique, puis elle complète son apprentissage avec un BP, en alternance au restaurant Mamaona, dont elle adore les valeurs éthiques et qui lui permet de développer sa créativité : « J’ai carte blanche sur beaucoup de recettes. »


Par le jeu et la joie


Au menu avec Phèdra : une cuisine haute en couleur et harmonieuse, mais surtout locale et vertueuse pour l’environnement. « Mon point de départ, c’est de choisir des légumes de saison. En fonction de la couleur de l’aliment, je vais chercher des couleurs complémentaires. Ensuite je m’inspire de ce que je vois autour de moi. » Cuisiner de façon locale, c’est savoir s’adapter à son habitat : « Ici, c’est la cuisine méditerranéenne, mais quand je serai en Guadeloupe, ce sera de la cuisine locale exotique. L’important c’est la sélection des produits qui n’ont pas fait 3 fois le tour de la planète, avec un emballage minimum, et bien sûr mon choix de ne pas manger de viande, depuis 7/8 ans, qui entre aussi dans la même démarche écologique. » Pour la cheffe, la cuisine est une façon « d’éduquer les gens de manière douce, c’est-à-dire que ça passe par le plaisir, mais c’est bon pour le corps et la planète ».


Depuis qu’elle est enfant, Phèdra n’a cessé de percevoir la cuisine comme un jeu, c’est ce qui fait qu’elle l’aime tant et qu’elle a tenu à se lancer à son compte, depuis quelques semaines seulement : « Pouvoir assembler plusieurs saveurs, en faire de nouvelles... Ça m’a toujours amusée. La joie, c’est le moteur, et ça se ressent dans l’assiette. » La cuisine de la cheffe est à son image, tout en harmonie : « Dans mes plats je cherche le sucré, l’acidité. C’est quelque chose que j’essaye d’appliquer à ma vie, équilibrer la douceur et le pep’s. » « C’est un souhait pour moi, depuis plusieurs années, de m’installer en Guadeloupe, comme une manière de nourrir l’île qui m’a nourrie quand j’étais enfant. »


De sa voix douce bien qu’affirmée, Phèdra affirme qu’elle sait où aller : « J’ai passé 12 ans de ma vie en Guadeloupe. C’est vraiment un souhait pour moi depuis plusieurs années de retourner là-bas pour m’y installer. C’est une manière de nourrir l’île qui m’a nourrie quand j’étais enfant. » Après avoir déjà travaillé pour des chefs parfois « à l’ancienne », dans un univers souvent patriarcal et peu ouvert au végétarisme, son but est de pouvoir réellement prendre son indépendance. Elle a le goût du défi et le besoin de liberté, bien que cette nouvelle aventure soit également synonyme de beaucoup de craintes. Cela fait des mois qu’elle prépare son nouveau départ, malgré les doutes et « l’isolement social » qu’imposent les horaires de la restauration, le projet de cuisine nomade de Phèdra est tout de même déjà bien élaboré : « L’idée c’est de faire aménager un véhicule, et proposer des prestations en extérieur à des gens. » La cuisinière, soutenue par son entourage dans cette aventure, aspire à aller à la rencontre

d’autrui, collaborer avec d’autres chefs également, dans un cadre idyllique qui lui ressemble : la plage

guadeloupéenne.


Cuisiner est pour Phèdra le moyen de « donner sans trop me mettre en avant » : c’est une générosité

sans faille qui l’anime et qu’elle essaye de transmettre dans ses plats gourmands, colorés, parfois aux

saveurs indiennes, réminiscences de son enfance. « Il a fallu du temps avant de mettre des mots sur

ma cuisine. » Tester, se tromper, se challenger... Phèdra transforme la vie en jeu, et surtout elle n’oublie

pas le plus important : « S’il y a de la joie derrière, normalement, on fait les choses bien. »

 
 
 

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